| | | | Trois aéroports pour une
capitale |
| | |
| | | |
| | Le Bourget : premiers exploits
aéronautiques |
| |
| | | Premier aéroport parisien, aménagé dès 1915,
l'aéroport du
Bourget situé en Seine-Seine-Denis, à proximité de Dugny, est
fermé au trafic commercial depuis 1977. Plusieurs films font essentiellement
référence aux exploits aéronautiques dont il fut le théâtre : deux films muets,
Les héros de
l'air et
L'histoire de l'aviation
française, ainsi que
Le miracle des
ailes. Deux fictions évoquent également cette
dimension héroïque attachée à l'aéroport du Bourget :
L'odyssée de Charles
Lindbergh de Billy Wilder, dans lequel James
Stewart incarne le célèbre aviateur américain, auteur en 1927 de la première
traversée de l'Atlantique en avion ;
La règle du
jeu de Jean Renoir qui débute par des images de
l'atterrissage triomphal au Bourget du personnage d'André Jurieu, disciple
fictif de Lindbergh, amoureux
malheureux mais aviateur victorieux.
|
| | Orly :
dynamisme et modernité |
| |
| | | Ouvert en 1945 et agrandi en 1971,
l'aéroport
d'Orly, situé dans le Val-de-Marne, au sud de Paris, incarne le
dynamisme de la France d'après-guerre, ainsi qu'une certaine modernité
architecturale.
Symbole de vitalité économique, l'aéroport d'Orly
s'est trouvé naturellement le sujet de plusieurs reportages du magazine
Dim Dam Dom,
lui-même synonyme d'une audace et d'un renouveau télévisuels dans les années
1960 : citons par exemple La caravelle du
rêve ou
Orly arrivée, Orly
départ. Toujours réalisés durant ces insouciantes
sixties, d'autres courts métrages tournés à Orly se caractérisent par une
certaine légèreté de ton : ainsi l'illustration visuelle de la chanson
Il fait trop beau pour
travailler interprétée par les Parisiennes,
sautillant quatuor vocal de l'époque, de même que
Picolo à
Orly, un épisode de la série animée pour les
enfants Picolo le petit
peintre. Deux autres films courts utilisent
franchement le mode comique pour mettre en cause les aspects négatifs du
fonctionnement très lourd d'un aéroport : la fiction
Les miettes
montre les monceaux d'ordures qui y transitent chaque jour, tandis
qu'Aéroporrrrt
d'Orly constitue une hilarante dénonciation par
Luc Moullet des nuisances sonores provoquées par l'aéroport.
|
| | Roissy : le plus récent et le plus grand |
| |
| | | Aéroport
le plus important de France ouvert en 1974, l'aéroport Roissy-Charles de
Gaulle, situé à vingt-cinq kilomètres au nord-est de Paris,
dans le Val-d'Oise, apparaît dans un nombre de films beaucoup moins important
qu'Orly, du fait de sa construction relativement récente. De nombreux documents
se présentent comme des visites de ce lieu gigantesque : ainsi
Voyage à l'aéroport de
Roissy, documentaire réalisé par Mireille Dumas,
ou Roissy la vie secrète d'un
aéroport, reportage télévisé qui se propose d'en
dévoiler les coulisses. Roissy, des rimes et des
échos insiste quant à lui plus particulièrement
sur l'aspect architectural du bâtiment.
La collection Paris au
cinéma comporte également de nombreux courts métrages documentaires commandités
par l'établissement public Aéroport de Paris, qui suivent les chantiers de
construction et abordent les aspects techniques du fonctionnement d'un
aéroport, qu'il s'agisse de
Roissy
ou d'Orly.
|
| | | | Lieux d'évasion, lieux de fiction |
| | |
| | | Lié au voyage
par sa fonction, et donc à l'évasion, l'aéroport est un lieu propice à la
fiction, comme en témoignent de nombreux films.
|
| |
"Les histoires d'amour finissent mal, en
général" |
| |
| | | L'aéroport est le lieu des départs et donc
des "au revoir", plus ou moins mélodramatiques,
quelquefois définitifs. Stand-by,
dont l'action se déroule entièrement dans l'aéroport d'Orly, a pour personnage
principal une "femme au bord de la crise de nerfs" qui
vient d'être quittée par son compagnon.
L'aube à
l'envers, premier court métrage de Sophie Marceau,
montre également la douleur de la rupture, entre une Française et un Polonais,
dans l'anonymat d'un aéroport. Autre film mettant en scène des amours
malheureuses : La peau douce,
chef-d'œuvre implacable de François Truffaut, qui fut mal perçu à sa sortie, à
cause de sa noirceur et de sa dureté dans la description des amours adultérines
entre une hôtesse de l'air et un écrivain, rythmées par les voyages incessants
de la jeune femme.
|
| |
"Toute ma vie,
j'ai rêvé d'être une hôtesse de l'air" |
| |
| | | Comme
l'exprime avec humour la célèbre chanson de Jacques Dutronc, le personnage de
l'hôtesse de l'air, lié à une certaine image "glamour"
de l'aéroport, est à la fois rêve de petite fille et source de fantasmes. Un
documentaire belge, Une journée de sa vie : l'air
hôtesse, en retrace le quotidien dans les années
1960, tandis qu'une autre fiction en fait son personnage principal :
Aux yeux du
souvenir, réalisé par Jean Delannoy, conte les
amours, pimentées par les aléas des vols, entre une belle hôtesse (forcément)
et un pilote d'avion viril, joués par Michèle Morgan et Jean Marais.
|
| | Sans papiers, sans identité |
| |
| | | Lieux
de passage, zones de transit, les aéroports sont aussi des lieux politiquement
stratégiques. Loin des
barbares, réalisé par l'Albanaise Liria Bégéja,
évoque le sort des réfugiés clandestins albanais retenus à Roissy ;
La vie sauve,
premier film d'Alain Raoust, aborde aussi le thème de l'exil, à travers
l'histoire d'une jeune Bosniaque réfugiée à Paris pour fuir la guerre des
Balkans. Tombés du
ciel, entièrement tourné dans l'aéroport de
Roissy, met en scène sur un mode plus léger un petit groupe d'hommes dont les
papiers ne sont pas en règle, errant absurdement dans une sorte de no man's
land juridique.
|
| | | Gardons pour la fin deux films mythiques, qui ont immortalisé l'aéroport
(Orly, en l'occurrence) comme un lieu éminemment cinématographique : en premier
lieu, bien sûr, La jetée, dans
lequel Chris Marker transforme la grande jetée d'Orly en un décor obsessionnel
et inquiétant, et aussi, comme un clin d'œil,
A bout de
souffle, pour une scène courte mais fameuse, où
l'on voit l'apprentie journaliste Jean Seberg interviewer à sa descente d'avion
un écrivain célèbre joué par Jean-Pierre Melville. A la question naïve posée
par la jeune fille, "Quelle est votre plus grande ambition dans la
vie ?", le grand homme (Godard ?) fait cette réponse définitive :
"Devenir immortel et puis mourir".
|
|
| |  | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 | | |
La peau douce
de François Truffaut avec Françoise Dorléac 1964, 1h53min
|
| | |
 | | |
Picolo à Orly, série Picolo le petit peintre
de Jean Image 1963-1964, 6min4s
|
| | |
 | | |
| | |
 | | |
Stand-by
de Roch Stéphanik avec Dominique Blanc 1998, 2h02min
|
| | |
 | | |
| | |
 | | |
| | |
 |
| |
|