Les grands thèmes de la programmationLa revue Positif a 60 ans Du 18 au 30 septembre 2012 |
Cinéastes de l’imaginaire
Foin des éternels débats sur le “réalisme” : la revue s’attache depuis toujours à la puissance de l’imaginaire. Le (faux) débat “Lumière contre Méliès” a encore cours aujourd’hui. Les origines surréalistes de la revue la prédisposaient à favoriser l’imagination, non pas aux dépens du réel, mais comme clé pour mieux le comprendre, le décrypter, le dépasser.
La politique
L’engagement politique à gauche fait partie de nos jours d’un certain “culturellement correct”, mais le débat était plus complexe dans les années 1950 à 70. Les prises de position sur des sujets polémiques ont marqué l’histoire de la revue : la décolonisation, la censure, les dictatures, le terrorisme idéologique, la corruption de l’État, le pouvoir de l’argent… Certains sont plus que jamais d’actualité.
Le documentaire
Que le documentaire ne se contente pas d’enregistrer le réel, mais qu’il le confronte au regard créateur d’un cinéaste, voilà qui motive Positif depuis sa création. La banalisation actuelle des images n’a fait que renforcer pour nous la reconnaissance d’une approche personnelle et lucide du monde qui nous entoure.
Premiers longs métrages
Tout le monde n’est pas Orson Welles, tournant Citizen Kane à l’âge de 25 ans. Mais la plupart des très grands cinéastes s’affirment dès leur premier film, quitte à décevoir ensuite. D’où l’importance, pour les rédacteurs d’une revue, de voyager, de fouiner dans les festivals, de s’intéresser aux courts métrages, afin de dénicher les talents les plus prometteurs du cinéma à venir.
Nouvelles vagues à l’Est
Précédant de quelques années la Nouvelle Vague française, puis profitant de son essor, le “nouveau cinéma” d’Europe de l’Est a trouvé les moyens de s’affranchir d’un art officiel étouffant, en explorant de nouvelles formes, en affichant sa subversion. De la contestation au détournement voire jusqu’à l’exil, les créateurs de l’ex-bloc soviétique ont imposé des oeuvres visionnaires et paradoxales.
Cinéma français
Contrairement à une idée reçue, Positif a toujours reconnu que le cinéma français était l’un des plus inventifs du monde. Loin des chapelles parisiennes et des lieux communs cocardiers, la revue a noué avec lui des liens volontiers fructueux, parfois orageux : découvertes, confirmations, surprises, remises en question jalonnent les relations entre les metteurs en scène français et nous.
Cinématographies naissantes ou renaissantes
L’un des plaisirs de l’activité critique consiste à dénicher, notamment dans les festivals étrangers, des cinématographies à explorer ou à redécouvrir. Par exemple, le renouveau du cinéma allemand des années 1970, comme plus tard le regain de créativité en Asie ont suscité notre curiosité et notre émerveillement.
Collaborateurs artistiques
Tout film est une oeuvre de collaboration. Même si le réalisateur est reconnu comme l’auteur principal d’un film, qu’il manie parfois la caméra ou assure son propre montage, nous nous intéressons passionnément aux collaborateurs dont il s’entoure. Ce n’est pas diminuer le talent d’un metteur en scène, bien au contraire, que de reconnaître sa capacité à choisir avec qui (ou pour qui) il va travailler, et grâce à qui il va concrétiser son oeuvre.
Les acteurs
Les comédiens occupent une position paradoxale : ce sont des “artistes” rarement reconnus comme “créateurs”. Ils font la couverture des médias, mais leur travail est le parent pauvre de la critique. Une revue de cinéma comme la nôtre ne saurait faire l’impasse sur l’apport essentiel des "artistes-interprètes”, qui viennent d’être le sujet de notre numéro double estival “spécial anniversaire”.
Les genres cinématographiques
Plus encore qu’en peinture, en littérature ou au théâtre, la notion de genre au cinéma peut stimuler la création. La comédie, le mélodrame, le western, le fantastique, le film de guerre ou le musical ont été célébrés par les cinéphiles du monde entier. Au sein d’une rassurante familiarité, la surprise et la transgression n’en sont que plus jubilatoires.
L’animation
Aucun cinéma n’est plus lié à l’imaginaire que l’animation. Certes, la durée et le coût de production nécessaires à créer ex nihilo vingt-cinq images par seconde ont contribué à pousser le cinéma d’animation vers les extrêmes : produits de masse à l’échelle industrielle, ou artisanat de longue haleine. Nombreux sont ceux qui, aux deux bouts de l’échelle, ont réussi à s’affranchir de ces épreuves, en détournant le système ou en profitant de lui.
N.T. Binh (dans Positif : Yann Tobin)
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