28 Janvier 2010 - 19h30 l ACAD l La Master class (saison 2009 / 2010)

La Master class d'Alain Cavalier l animée par Pascal Mérigeau

Après des études à l’IDHEC, Alain Cavalier devient assistant réalisateur de Louis Malle sur le tournage d’Ascenseur pour l’échafaud. Ses premiers films, Le Combat dans l’île (1962) et L’Insoumis (1964), subtils et subversifs pour l’époque, dénoncent l’oppression et la torture en faisant référence à cette guerre d’Algérie qu’il s’est refusé à faire. Il y revient bien des années plus tard avec Libera me (1993), film sans dialogues – son dernier tourné sur pellicule – construit sur le témoignage de résistants. Adepte depuis plus de 15 ans de la mini dv, Alain Cavalier loue désormais les vertus de sa caméra de poche qui lui assure la liberté économique tout en lui permettant de filmer à tout moment et d’être ainsi en phase avec ses émotions. Le cinéaste s’efface alors pour laisser place au  filmeur, comme il se définit lui-même. Mêlant autodérision, pudeur et impudeur, humour et tendresse, Alain Cavalier s’expose à son propre regard. Avec La Rencontre (1996), puis Le Filmeur (2005) et aujourd’hui Irène (2009), il n’a de cesse de creuser le sillon autobiographique initié à la fin des années 70 avec Ce répondeur ne prend pas de message (1979). 

D’une voix posée, rassurante, pour ne pas dire envoûtante, il est devenu commentateur-acteur de sa propre histoire. De film en film, se dessine un cinéma à la première personne, construit comme une longue méditation sur la fuite du temps, qui trouve ses origines bien des années plus tôt. Après avoir filmé Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant (Le Combat dans l’île), Alain Delon (L’Insoumis) et Catherine Deneuve (La Chamade), il fait le constat que son cinéma repose sur la beauté physique des acteurs, sur un instantané dont il ne reste plus que la trace l’instant d’après. Il se libère alors du carcan que lui impose le système de production et de distribution de ses premiers films, construits sur des scénarios écrits et des budgets coûteux. Après sept ans d’absence, il signe Le Plein de super (1976), un road movie coécrit avec les acteurs puis Martin et Léa (1978), où le couple incarné à l’écran est un vrai couple dans la vie. En 1981, Un étrange voyage, film sur la quête d’un père à la recherche de sa mère, est récompensé du prix Louis Delluc. Alain Cavalier se consacre alors à donner vie au journal intime tenu par Sainte Thérèse de Lisieux. Thérèse, film touché par la grâce, porté par une troupe de comédiens inconnus, est ovationné à Cannes en 1986 où il reçoit le Prix du jury avant d’obtenir six récompenses aux César, dont celles du meilleur film et du meilleur réalisateur. 

Dans les années qui suivent, Cavalier se fait oublier en réalisant de magnifiques portraits de femmes. Rémouleuse, matelassière, dame pipi… parlent de leur travail et Cavalier fige le temps pour conserver l’empreinte de ces petits métiers en voie de disparition. Il réitère avec Vies (2000), en filmant les dernières activités professionnelles de ses amis. Avec Irène, consacré à sa compagne Irène Tunc, disparue tragiquement en 1972, il fait l’apprentissage d’une nouvelle expérience, celle de la résurrection, en redonnant vie à l’être aimé. 

 

Critique au Nouvel Observateur, Pascal Mérigeau a publié plusieurs ouvrages sur le cinéma dont “Pialat” (Éd. Ramsay, 2007),“Cinéma : autopsie d’un meurtre” (Éd. Flammarion, 2007) et “Depardieu” (Éd. Flammarion, 2008). 

Exceptionnellement cette master class ne sera pas filmée 

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