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« Comme New York a son problème portoricain, la France a son problème algérien » (sic) : c’est ainsi commentée que la guerre d’Algérie apparaît pour la première fois, en 1955, dans les actualités cinématographiques diffusées en métropole. D’autres sujets suivront, au fil des événements, rapportant les allocutions, les manifestations, les attentats, le drame de Charonne (mais rien sur le 17 octobre 61…), les procès de l’OAS, jusqu’aux résultats du référendum en avril 1962. Sur le terrain, les films de l’ECPAD témoignent en images de la propagande militaire sur la « pacification » menée en Algérie, tandis que des films amateurs réalisés par de jeunes appelés offrent le reflet de leur séjour là-bas… ou de ce qu’ils ont pu en montrer. Car les films de l’époque, de Cléo de 5 à7 à Adieu Philippine, sont plus allusifs qu’explicites sur les événements, censure oblige. Que les films ultérieurs, documentaires ou de fictions, consacrés à la guerre d’Algérie soient signés de réalisateur étrangers (Peter Batty, Philip Brooks) , ou issus de la 2e génération (Bourlem Guerjiou, Yamina Benguigui) dit aussi ces silences de l’histoire. Les conférences d'historiens
présentées au cours du programme sont illustrées d’extraits de films principalement issus de ces collections.
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Une quarantaine de courts métrages, réalisés entre 1945 et 1964 et conservés à l’ECPAD, sont disponibles jusqu’au 31 décembre dans la Salle des collections. Tournés généralement par des opérateurs anonymes de la Section Cinématographique des Armées, certains d’entre eux présentent le point de vue officiel de la France dans ces années complexes, alors que d’autres portent la mémoire de la violence de l’affrontement.
Le Magazine des armées n°101 annonce fièrement en 1956 l’envoi de soldats pour « pacifier le pays ». Des documents témoignent des actions engagées, comme cette Opération « Espérance », dont le but est de détruire intégralement le village de Bou Birek, lieu de « concentration rebelle où la cellule terroriste règne en maître ».
En 1958, le film La France est ici donne le ton. « La France est ici pour toujours. Ici, avec son armée qui depuis près de quatre années souffre et lutte. » Plus loin, le commentaire assure que « l’armée est la garantie de l’Algérie française ». La foule, ensuite, acclamera le Général de Gaulle venu prononcer à Alger un discours où il rend hommage à la population et à l’armée, encore. La foule est vue du ciel, comme un immense serpent en liesse. La population apparaît également en colère, notamment dans Manifestations européennes à Alger le 28 septembre 1961. Les affrontements y sont violents : éclatement de grenades, de gaz lacrymogène, jets de pierre…
Les accords d’Evian sont signés peu après, en mars 1962. Mais la violence continue, notamment dans le « quartier européen » d’Alger (Combats de rue entre Forces de l’ordre et l’OAS à Bab-El-Oued). Début juillet, le général de Gaulle annonce officiellement l’indépendance de l’Algérie. Des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants applaudissent (Manifestation de joie à l’occasion de la proclamation de l’indépendance algérienne). La foule est toujours en liesse.
Un film comme Le monde libre et l’Egypte, en 1957, permet de saisir le climat tendu de cette époque. Le président égyptien d’alors, Gamal Abdel Nasser, est présenté comme une imitation dangereuse d’Adolf Hitler. Il est mis en garde : « Nasser doit cesser de narguer le monde libre et de mettre en péril la paix. » Cette même année, des officiers à Képi bleu sont filmés dans les petits villages montagneux de Kabylie, avec pour mission de pacifier les relations. Les képis bleus sont également chargés de favoriser une hygiène de vie. « Mais qui aurait dit à l’officier sorti de Saint-Cyr et des stages militaires que sa mission le conduirait à pommader le derrière des nouveau-nés ? », s’interroge avec amusement le commentateur. Bleu, le ciel l’est aussi. Comme une toile de fond de ce film, de beaucoup d’autres films sur cette guerre qui n’osait dire son nom. Comme la mer, également.
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